Correspondances

Correspondances

Installation radiophonique :

  • Elisabeth Gutjahr, dramaturge et auteur
  • Henry Fourès, compositeur et auteur
  • Frédéric Leidgens, voix
  • Crista Mittelsteiner, voix

Argument

L’idée d’un « Hör-spiel » sur la notion de « correspondance » se comprend comme une aventure acoustique qui trouve sa profondeur dans l’innocence d’un jeu où le sens se noue, se dénoue, s’égare, se perd dans le dessin d’un paysage comme un palimpseste sonore. Chaque écrit qui entretient « la correspondance » élargit son sens et oscille entre les deux « correspondants » comme autant d’impressions fugitives. La parole est distendue, brisée, reflétée, élargie, concentrée dans l’espace singulier d’un moment comme aperçu d’une possibilité entre deux écrits.

Cette correspondance commence dans l’ailleurs d’un voyage où l’on se souhaite bonne route, comme pour s’assurer du chemin de l’autre dans la permanence de son changement. On peut reconnaître ci et là les lieux, les cultures, les langues et les relier. Entre ce qui est dit et ce qui demeure inexprimé se développe un chemin subtil sur une carte commune. Par l’exercice de la lecture, l’écriture, la pensée, on ne sait souvent qui lit, écrit ou pense. Français et Allemand se mixent dans la maîtrise ou le balbutiement de leur contrepoint. Dans le flot du langage, le lapsus se change en promesse : dans cette correspondance sur la correspondance, pensée et écriture construisent en strates plusieurs niveaux de sens comme un looping dans l’abstraction.

Qui parle, qui répond ?

L’objet du dialogue s’est transformé en chant abstrait entre parole, musique et rumeur du monde, où s’établissent dans le nomadisme des deux vies des éléments surprenants de « correspondance ». Les journaux de route se fondent en un seul comme métaphore d’un voyage qui cherche le pourquoi du voyage. Les images sonores composent une réalité multiple d’où s’extrait le quotidien. Ici, le doux tumulte du langage poétique trouve sans règle le chemin de son expression ; musique, rumeur, parole, en contrepoint libre. La correspondance joue avec le souffle de la société « moderne » et les petites fuites de la réalité comme autant d’états d’une matière sans cesse mobile et furtive.

La dramaturgie se construit au fil de ce jeu dont Berlin, Paris, d’autres villes, d’autres espaces, urbains, naturels sont des lieux traversés ou de résidence. Le train, l’avion, les rencontres, le mail, le téléphone, sont les éléments d’un quotidien, présents comme topiques d’un monde partagé. Mais au delà, surgissent aussi de petites « sculptures acoustiques » qui pour quelques secondes livrent l’histoire d’une forme vivante évoquée : 100 pas sur la crête d’une réalité commune. Les protagonistes abandonnent dans ce jeu le chant de leur langue. Ecrire et lire dans la langue de l’autre se traduit aussi comme une immigration physique dans le pays de l’autre.

« Les limites de mon langage signifient les limites de mon propre monde » Wittgenstein.

Dans cette correspondance, les rôles sont multiples. Qui parle, écoute, lit, écrit ?

L’auditeur entend t’il l’auteur ou le lecteur ? Que veut dire « comprendre », « correspondre » ?

La correspondance, dramaturgie d’une rencontre, une marche sur la crête à la lisière des jours.

Correspondances – Hörspiel

von Henry Fourès und Elisabeth Gutjahr

Correspondances will im wörtlichen Sinne als ein „Hör-Spiel“ verstanden werden, als ein Hörabenteuer, das sich zunächst spielerisch in das vertieft, verstrickt, verirrt, verliert, was annähernd mit „akustischer/s Landschaft/Palimpsest“ beschrieben werden kann. Alles Textliche aber entzieht sich dem Begreifen und oszilliert als zarter Versuch eines „Wortwechsels“ zweier Dialogpartner. Das Sprachliche reflektiert, bricht und ergänzt, erweitert und verknappt nicht selten das Gemeinte auf einen einzigen Moment, dem Aperçu einer Möglichkeitsform, die ein Da-Zwischen fortschreibt.

Die Correspondance beginnt im Nirgendwo des Reisens, man grüßt sich von unterwegs gleichsam als Vergewisserung einer beständigen Unbeständigkeit. Man erkennt im Hin und Her eine Art Geländer zwischen Orten, Zeiten, Kulturen und Sprachen. Behutsam entwickelt sich aus Gesagtem und Unsagbaren ein Pfad der gemeinsam kartographiert wird. Französisch und Deutsch vermischen sich, unbekümmert, wer welchen Einfall, wo auch immer – in Gedanken, beim Lesen, beim Schreiben – verfasst oder auch stammelt. Der Versprecher verwandelt sich in ein Versprechen, ganz unbekümmert überlässt man sich dem Sprachfluss: Denken und Schreiben erlauben sich Metaebenen, schichten sich über die ersten Vereinbarungen, man korrespondiert über die Korrespondenz, schlägt Loopings in die Abstraktion.

Wer spricht, wer antwortet hier?

Was als Dialog begann wird nun zu einem abstrakten Gesang zwischen Sprache, Musik und Geräusch.

Die Protagonisten erleben im Unterwegssein unvermittelt Synchronisation und Zusammenklang.

So verschmelzen die verschiedenen Reiseberichte zu einem einzigen, gleichsam als Metapher für das Reisen an sich. Die Hörbilder werden zu einer zweiten Wirklichkeit, die die „eigentliche“ – was auch immer das ist – überlagert. Hier tummelt sich das ganze Repertoire poetischer Sprachmacht, das aus dem Alltag entsorgt ein Eigenleben führt; Musik jenseits des Konzerts, Geräusch jenseits von Funktion.

Der Dramaturgie einer planlosen Fährtensuche folgend findet sich die Correspondance unvermittelt an wohlbekannten Stationen ein: Berlin, Paris, Züge und Flugzeuge, Wälder und Küsten geben die Kulissen ab. Die Correspondance spielt mit den Aggregatzuständen moderner Gemütsverfassungen und liebäugelt mit kleinen Fluchten aus einer Wirklichkeit, die vor allem durch Schwerkraft bestimmt wird. Es entstehen akustische Skulpturen, die ein paar Sekunden sinnstiftend überdauern, lebendige Gestalten evozierend, hundert Schritte auf dem Grat einer gemeinsamen Wirklichkeit.

Die Protagonisten verlassen in diesem Spiel ihr Sprachgebiet. Schreiben und Lesen in der Sprache des jeweils anderen bedeutet ein ständiges „Über-setzen“ ins Fremdland, das mehr und mehr mit dem eigenen verschmilzt. Eben hier liegt der besondere Reiz. So erweitert sich unmerklich das Denkbare, das nach Wittgenstein durch den eigenen Sprachraum definiert wird. Doch auch die Rollen vermischen sich: Wer spricht hier was? Hören wir gerade den Leser oder den Autor der Zeilen und was bedeutet eigentlich „Verstehen“?

Die Correspondance als Gratwanderung am Rande weit entfernter Tage und Leben und Menschen entwickelt unbekümmert eines Plans die Dramaturgie einer Begegnung.

 

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